SAINT-THOMÉ
16
nov.
2012
Au Moyen Âge on mettait facilement toutes les destructions d'églises sur le compte des «Sarrasins». Il n'est pas sûr qu'ils soient venus jusqu'à Saint-Thomé ; ce pouvait tout aussi bien être le fait d'un raid de Normands au Xe siècle. En tous cas, Saint-Thomas fut reconstruite au XIIe siècle. La banale
façade actuelle en masque complètement l'appareil, mais en faisant le tour on découvre bien la structure d'une église romane à une seule nef voûtée, bien construite, avec de gros contreforts latéraux, un petit transept avec, au-dessus, une tour lanterne, puis une abside semi-circulaire. L'intérieur est malheureusement empâté de couches successives de crépis et de badigeons : on reconnaît cependant des arcatures décoratives et des arcs de décharge. Il est à souhaiter qu'un jour tout cet ensemble soit restauré et mis en valeur. Notons que la jeune Association des Amis de Saint-Thomé, en dépit de moyens encore limités, a déjà à son actif plusieurs interventions heureuses, telles que la révision de la toiture de Saint-Thomas, le ravalement de l'abside de Saint-Sébastien et la suppression des disgracieuses consoles du réseau électrique.
![]() Église Saint-Thomas - L'abside et la coupole sur la croisée du transept |
![]() Coupole sur pendentifs |
![]() L'abside est décorée de niches creusées dans le mur |
Le mur de l’abside est creusé de cinq niches semi-circulaires séparées par des colonnes. Il s’agit là d’une caractéristique du premier art lombard, qui se rencontre aussi à la chapelle octogonale de Mélas, à l’ancienne église Saint-Jean-Baptiste de Meysse, à Ruoms et à Saint-Sulpice de Trignan… Souvent ces alvéoles reposent sur un mur bahut, qui ici a peut-être été enfoui, car on remarque que le chœur est surélevé par rapport à la nef.
Cette petite ouverture, de style typiquement wisigothique, témoigne de l'ancienneté
| La façade comporte quelques vestiges antiques, visiblement rapportés. Rappelons le fragment d'inscription monumentale qui cite la tribu Voltinia et ajoutons-y, sous la niche de droite qu'occupe la statue de St-Thomas apôtre, une large dalle de marbre blanc, sans doute d'origine antique, de forme trapézoïdale, ayant vraisemblablement servi de linteau à la porte de l'édifice roman, et qui offre, gravée très faiblement, une tête de Christ avec le nimbe crucifère, sculpture datant du XIIe siècle. |
![]() Pierre de remploi avec une tête de Christ gravée |
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